Comme nous l’expliquions lors de notre précédent reportage, la crise du logement ne touche pas que les plus démunis mais bien la majorité de la population.
Ainsi, dans l’immeuble de la rue Pradier à Paris, 200 familles ont été plongées dans l’extrême inquiétude, menacées de devoir quitter leur logement si elles ne peuvent pas l’acheter.
En effet, pour maximaliser ses profits, Gecina, bailleur privé détenant de nombreux immeubles dans Paris, a décidé de vendre l’immeuble à la découpe, menaçant d’expulsion tout locataire dans l’incapacité d’acheter.
Dans cet immeuble, vivent de nombreuses familles et personnes âgées, parfois présentes depuis plus de 30 ans. Partir de là, signifie pour tous, quitter la ville car impossible de retrouver un loyer à ce prix dans le quartier ou dans tout autre à Paris. Quitter la ville signifie quitter son boulot, changer d’école, changer de vie, d’habitudes, quitter ses amis, bref se retrouver loin de ses repères sans l’avoir choisi. Rappelons que le déménagement est le troisième facteur de stress après le deuil et le licenciement. Dans ces conditions, on peut imaginer les dégâts, certainement chez les personnes les plus âgées.

Du coup, ces locataires plus qu’en colère ont décidé de résister, de ne pas subir les lubies spéculatives de Gecina sans réagir. Ils se sont organisés et luttent depuis plusieurs mois maintenant. Ils sont déterminés à aller jusqu’au bout.
Durant leur combat, d’autres immeubles victimes de GECINA, se sont manifestés et joints à cette lutte de longue haleine.
Nous les avons rencontrés et suivis lors de leur rassemblement devant l’assemblée générale des actionnaires du renommé « découpeur en série » Gecina.

Nous tenions à les remercier de nous avoir ouvert leur logement et consacré du temps dans cette période difficile.

Texte : Laure Miège

Photos : Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

La famille Delkash nous a ouvert ses portes. Madjid, Bea et leurs enfants ne s’imaginent pas vivre ailleurs que dans cet appartement qu’ils occupent depuis plus de 14 ans. « Ce quartier a une âme, une vie, les gens se disent bonjour, les enfants y ont leurs amis,… ». Leur combat pour rester rue Pradier leur prend beaucoup d’énergie et de temps. Nous les remercions pour leur chaleureux accueil. Nous espérons que leur courage et leur investissement paiera!

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Isa  aime son quartier, son garçon y est né et en changer signifierai également changer d’école, de vie. Cette éventuelle perspective les préoccupe beaucoup. Est-ce un hasard si l’enfant a fabriqué une cabane dans l’appartement et si cette cabane représente un immeuble à plusieurs étages?

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Atelier banderoles en bas de l’immeuble.

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Gecina, découpeur en série !

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi

Paris 2012 © Karim Brikci-Nigassa / Collectif Krasnyi