Toulouse / 13-06-2019 /

Plusieurs dizaines de membres du personnel ont bloqué hier l’accès au rectorat de Toulouse.

Ils appellent à une grève massive le 17 juin:

LES GRÉVISTES PARLENT À LA POPULATION.
Jean­Michel Blanquer, à la tête du ministère de l’éducation, met en place des réformes qui dédient l’école au tri social, aux inégalités et à l’élitisme. Ce gouvernement, décrétant la fin du service public, sert un ordre libéral et nous impose ses lois.
Certes, nous avons été, nous sommes submergés par les nombreuses mesures antisociales de ce gouvernement.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont l’intensité des attaques contre le droit du travail et nos conditions de vies qui nous isolent et nous contraignent. Ce sont les actionnaires, les banques, les tactiques du patronat qui, main dans la main avec le gouvernement nous ont amenés là où nous en sommes aujourd’hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance dit-elle disparaître ? La défaite est­elle inéluctable ? Non ! Il est absurde de considérer la lutte comme perdue.
Croyez-nous, nous personnel de l’éducation, travailleuses et travailleurs du quotidien, quand nous vous disons que le projet Blanquer est libéral. Il organise le démantèlement du service public d’éducation, fait des cadeaux au privé, précarise ses travailleuses et travailleurs.
Croyez-nous quand on vous dit qu’il est autoritaire. Il muselle la liberté d’expression de ses personnels et de ses usagers. Il fait régner l’arbitraire des chefs. Croyez­nous quand nous vous disons qu’il est réactionnaire. Le lycée professionnel perd la culture générale au profit d’une adaptation au marché de l’emploi, la pensée philosophique, scientifique, littéraire disparaît de tous les programmes au profit d’une éducation morale et aux compétences restreintes « Lire, écrire, compter ».
Les personnels d’éducation de la maternelle, de l’élémentaire, du collège, du lycée et des établissements spécialisés ne sont pas seuls. Nous ne sommes pas seuls, nous ne sommes pas seuls ! Nous avons une vaste armée derrière nous. En effet, parents, lycéen­nes, travailleur.euses, chômeur.euse­s, retraité­es, partageons le même combat. Nous pouvons comme nos prédécesseurs utiliser sans limite la force du nombre.
Cette bataille est une bataille de tous les salariés, de tous les services publics. C’est une bataille vitale pour nos enfants et le futur que nous voulons leur donner. Toutes les pressions, tous les mensonges, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a tout autour de nous tous les moyens nécessaires pour remettre en cause l’ordre capitaliste et sa marche forcée.
Foudroyé­e­s aujourd’hui par une féroce répression nous pourrons vaincre par une réponse collective massive. Le destin du service public d’éducation est là.
Nous personnels de l’éducation en grève, de Toulouse, invitons les personnels des autres académies, avec leurs propres armes, précaires et fonctionnaires qui s’opposent à ces réformes, à se joindre à nous pour une grève massive le lundi 17 Juin, début des épreuves du baccalauréat.
Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance et la volonté d’une école pour tous et toutes ne doivent pas s’éteindre et ne s’éteindront pas.
DEMAIN, COMME AUJOURD’HUI, NOUS NE LÂCHERONS PAS.

Ben Art’Core / Krasnyi Collective