Les ouvriers de BM&S du site SNCB, s’occupant du nettoyage des trains à la gare de Schaerbeek, entament demain leur 4 eme semaine de grève. La direction ne desserre pas les dents, tandis qu’eux,  continuent de se serrer les coudes.

Leur mouvement s’est déclenché suite au licenciement sec de 5 de leurs collègues. La solidarité déjà  présente au sein de l’équipe, s’est traduite dans les faits lorsqu’ils ont décidé tous ensemble de ne  reprendre le travail qu’à condition d’être tous repris.

Durant les trois dernières semaines, la société a tenté de casser le piquet à de nombreuses reprises,  en usant sans complexe d’atteintes évidentes au droit de grève. Pour ce faire, elle a tout d’abord  envoyé un huissier menaçant les ouvriers d’astreintes s’ils ne laissaient pas passer de nouveaux  intérimaires fraichement engagés pour prendre leur place. Ensuite, elle s’est attaqué à la ville de  Bruxelles en la menaçant (via ordonnance du juge) de 10 000€ d’amende si elle n’envoyait pas la  police chasser les grévistes. La ville a donc envoyé 3 fourgons de police accompagner l’huissier et les  non-grévistes pour casser le piquet.

Mais les ouvriers ont, une fois de plus, démontré leur courage, leur détermination et ce que peut  apporter la force de rester soudés. Tout en étant pacifiques, par le dialogue et en restant groupés, ils  ont réussi à les faire reculer. Ce fut alors une petite victoire, à laquelle s’en est ajouté une autre, quelques jours plus tard,  lorsque le juge leur a donné raison et a invalidé l’ordonnance les contraignants à laisser passer  leurs « remplaçants ». 

Ces belles victoires, bien qu’elles ne concernent que « des batailles, mais pas encore la guerre » (dixit  les travailleurs en lutte) sont bien appréciables pour les ouvriers dont le moral et les forces tendent à  s’amenuiser avec le temps.  Car une grève, plus ça dure, plus c’est dur. L’attente, le stress, l’impression d’être méprisé ou pris  pour un con par sa direction, le fait de rester debout par tous les temps 10 heures durant, chaque  jour se retrouver, chaque jour ne pas savoir, et espérer, un signe, une avancée, quand rien ne se  passe, et puis l’argent aussi, quand on sait qu’en perspective le mois sera maigre, très maigre, avec  une famille à charge en plus parfois, … autant de coups qui viennent porter chaque jour un peu plus  atteinte au moral et qui rendent les nuits plus courtes, la tête plus lourde.

Heureusement, il y a du soutien. Certains passent en coup de vent les saluer, d’autres restent plus  longtemps, ou d’autres encore passent quotidiennement. Et ça c’est important pour les ouvriers en  lutte. Ne pas se sentir seuls, savoir que ce combat, il n’est pas que pour eux mais pour tous ceux qui  les regardent, et qui un jour, peut être devront comme eux faire face à leur patron. Il y a la fierté  aussi, légitime. La fierté de garder la tête haute, de ne pas courber l’échine, de savoir qu’on a rien à  se reprocher, et qu’on a raison de se battre, la fierté de constituer une famille au boulot, de soutenir  ses frères, la fierté de voir les flics et les intérimaires reculer alors qu’on se croyait vaincu, la fierté  d’apprendre que le juge nous donne raison et estime qu’on a un patron voyou qui tente d’usurper la  justice, la fierté d’être reconnus par ses pairs, et soutenus par beaucoup de gens, de plus en plus de  gens. 

Alors, si vous aussi vous souhaitez les soutenir, vous le pouvez en leur rendant visite au piquet,  organisé tous les jours, de 7 heures à +- 15 heures, Rampe du Lion à Schaerbeek (près de la gare).  Vous pouvez aussi leur faire un don via l’appel de la CGSP cheminot qui organise une collecte pour  venir en aide à ces travailleurs et à leurs familles. Vous pouvez envoyer vos dons sur le compte BE20  0682 1834 9956 en indiquant la mention "Solidarité BM&S".

Billy Miquel / Karim Brikci / Laure Miège / Collectif Krasnyi