Ce 23 Janvier 2013, au petit matin, neuf syndicalistes de Florange arrivent en minibus dans le quartier huppé du 7ème arrondissement de Paris. Il faut encore tourner un peu, prendre ses marques sans se faire repérer. S’enchainer aux grilles de Matignon n’est finalement pas le plus difficile. Les gendarmes présents n’agissent pas tout de suite : une chaîne de télévision prévenue plus tôt est déjà sur les lieux. Le coup médiatique est joué, et les messages sont passés. Rapidement, les syndicalistes seront délogés à coups de matraque. Deux d’entre eux seront légèrement blessés.

Quelques heures plus tard, le groupe est reçu au pied levé par Harlem Désir, porte-parole du Parti Socialiste. Ils souhaitent que ses représentants s’expriment sur l’accord conclu entre le gouvernement et Mittal  le 30 novembre dernier. Celui-ci actait la fermeture des hauts-fourneaux et entérinait la suppression de 629 emplois. Dans ce même accord, Mittal s’était engagé dans l’appel d’offre pour le projet ULCOS (projet de captation de CO2 en sous-sol), ouvrant alors des possibilités pour l’avenir du site de Florange.  Une semaine plus tard, brandissant la chute de la valeur de la tonne de CO2, revient sur son engagement et se retire du projet ULCOS.

Rejoints aux abords du Palais présidentiel par plusieurs dizaines d’ouvriers lorrains, les représentants syndicaux sont alors reçus par Michel Yahiel, conseiller social à l’Elysée. Ils viennent apporter une pétition soutenue par plus de 31 000 signataires revendiquant la nationalisation du site de Florange et la réouverture du dossier par le gouvernement. Mittal n’ayant pas tenu ses engagements, l’accord serait désormais caduc.

Pour les ouvriers, l’enjeu est de maintenir la pression, coûte que coûte. Mais Mittal et le gouvernent ont déjà établi le calendrier des négociations sur le volet social. Le 30 novembre 2012, Jean-Marc Ayrault déclarait : « il n’y aura pas de plan social à Florange ». Dans la vallée de la Fensch, ceux d’Uckange et de Gandrange ont en mémoire les fermetures successives et leurs impacts économiques sur la région. Et quoiqu’en dise le gouvernement, le reclassement de la totalité des sidérurgistes et des métallos semble être un pari impossible. Cette année, la Lorraine a vu s’éteindre ses derniers hauts-fourneaux.

Retours en images sur des instants de lutte.

Marieau Palacio / Collectif Krasnyi

CARNET 1/5 – Florange : Rétrospective d’une lutte emblématique

CARNET 2/5 – Florange : 350 km pour l’Acier.

CARNET 3/5 – Florange : De l’Assemblée Nationale à Bercy, maintenir la pression

CARNET 4/5 – Florange : La lutte au quotidien