Bruxelles / 17-03-2016 /

Ce jeudi, de nombreux Sans Papiers et leurs soutiens se sont réunis une fois de plus devant l’Office des Etrangers.

Cette fois était différente des autres. Cette fois, Hamed a été expulsé.

Cette fois, un des représentants du mouvement a été renvoyé en Afghanistan par des autorités sans scrupules, sans honneur et sans aucun respect pour la dignité humaine.

Son crime? Ne pas avoir de papier et oser ne pas se taire. Le renvoyer c’était le condamner à mort. Et ils l’ont fait.

Hamed avait du fuir l’Afghanistan parce qu’il avait été enrôlé d’office dans le service d’ordre des talibans, avec son frère. Après quelques mois sous les ordres des talibans, ils avaient voulu quitter ce régime. Les talibans avaient alors menacé leur famille, ce qui les a obligé à fuir en Iran pour se faire oublier. Après 4 ans, son frère avait voulu retourner au pays, mais n’a ensuite plus jamais donné de signe de vie. Hamed avait alors réussi à rejoindre la Belgique, après un parcours difficile.

Il était en Belgique depuis 2003. Parfaitement intégré. Parlant très bien le néerlandais et le français. Il avait trouvé un travail dans l’associatif et était devenu le porte-parole des travailleurs sans papiers.

Lundi passé, un rassemblement de plusieurs centaines de personnes avait déjà pris place , pour exiger sa libération et celle d’Aliou du Collectif Ebola. 

A ce rassemblement, un accord de principe avait été donné selon lequel il n’y aurait pas d’expulsion avant une rencontre avec le directeur de l’Office des Etrangers, rencontre prévue aujourd’hui.

Mais ces gens n’ont aucune parole et sans recours possible Hamed a été expulsé manu militari vers l’enfer. 

La Belgique n’a pas fini d’avoir du sang sur les mains.

Laure Miège / Karim Brikci-Nigassa / Pierre Vanneste / Krasnyi Collective