Paris / 14-06-2016 /

Ce mardi 14 juin, s’est tenue la 13e journée de mobilisation nationale contre la loi El Khomri. Le ton fut rapidement donné… Matraques, gaz-lacrymogènes, grenades de dés-encerclement ont très vite été utilisées contre les manifestants, toujours plus harcelés, mis sous-pression et provoqués, faisant plusieurs dizaines de blessés, dont 4 blessés graves selon les street-médics.

Les 1 300 000 participants annoncés par les organisateurs ne sont pas peu réalistes. Des centaines de milliers de personnes s’étalaient sur plus de cinq kilomètres, sans compter les milliers de personnes présentes sur les points d’arrivée (aux Invalides) et de départ  (Place d’Italie). À 17h certains n’avaient pas encore pu se mettre en marche, tandis que d’autres encerclés aux Invalides étaient attaqués de part et d’autres par la police qui encerclait la place. Quant au chiffres de la police, entre 85 000 et 95 000 personnes, ils sont dérisoires quant on voit le dispositif mis en place.

Si les chiffres de la police et du gouvernement tendent à donner l’impression que le mouvement s’essouffle, depuis le 9 mars, les mobilisations sont pourtant loin de s’être affaiblies. Elles se sont même multipliées tout au long du mois de mai, suite au passage en force de la loi par l’utilisation de l’article 49-3. Transports ferroviaires, aviation, automobile, raffineries de pétrole, centrales nucléaires, distribution d’électricité, de courrier, etc. se sont mis en grève et ce malgré la répression et les volontés politiques de casser le mouvement en le criminalisant.

Depuis le 10 juin, début de l’Euro, la RATP (transports en commun d’île de France) s’est lancée dans une grève illimité. C’est en pleine compétition de football européenne, qu’aujourd’hui lycéen-e-s, étudiant-e-s, chômeurs-seuses, salarié-e-s avec ou sans papiers prennent la rue, soutenus par des manifestations dans différents pays d’Europe tel que l’Italie ou l’Allemagne ou encore le Brésil, dénonçant une société toujours plus capitaliste dont la loi travail n’en est que l’un des multiples assauts.

Aujourd’hui, c’est véritablement une guerre que le gouvernement engage avec les citoyens. Chaque déclaration envenime la situation, provoquant les manifestants toujours plus en colère face au spectacle mis en scène par les politiques et leurs médias. Se saisissant de la peur pour bras droit, cette politique qui tend à détruire le peu de cohésion sociale restante, donne le ton à une politique toujours plus libérale. Une politique de management qui n’investit plus dans l’avenir de sa société, préférant mener une politique de gestion du risque et de probabilité. Une politique dictée par ses chiffres et statistiques, évaluant sa croissance sur un pourcentage déshumanisé, évinçant les questions même de l’accroissement des inégalités sociale et du bien-être social et environnemental. Hier, un retour aux justes responsabilités était scandé dans les rues : « Alors c’est qui les casseurs ? c’est eux les casseurs ! Et c’est qui la racaille ? C’est eux la racaille ! Alors dehors, dehors, ce gouvernement qui casse nos grèves et le code du travail. Qui nous maltraite et qui nous gaze ».

Laurence Grun / Alex GD / Pierre Vanneste / Karim Brikci-Nigassa  / Krasnyi Collective