Paris – Liège – Bruxelles / Avril 2016 /

« On ne serait pas tous ici réunis, si les jeunes, lycéens, étudiants n’avaient pas lancé cette mobilisation, on ne serait pas tous réunis ici, si la jeunesse n’avait pas lancé les mobilisations le 9 mars et je crois qu’il est grand temps que les salariés, le monde du travail fasse la jonction avec les étudiants et les lycéens. » Gaël, postier, Place de la République le 9 avril 2016.

Ce n’est plus seulement la loi El Khomri que les étudiants dénoncent, mais l’ensemble d’un système répressif auxquels médias et politiques participent. C’est ainsi que lors de la manifestation du jeudi 31 mars, dès sept heure du matin, les étudiants ont bloqué leurs universités et ont commencé à manifester dans les différents quartiers et banlieues de Paris. Ils ont ensuite retrouvé les salariés et rejoindre le rassemblement général, Place d’Italie, où des dizaines de milliers de lycéens, étudiants, chômeurs et salariés se sont réunis afin de dénoncer une politique tournée vers les lois du marché et cristallisée par la Loi Travail qui ferait de la population de la « chair à patron ».

Les actions de grève et manifestations se veulent reconductibles, et ce, jusqu’au retrait de la loi. Cependant, s’est joint à celle-ci, l’occupation de nuit de la place de la République qui depuis le 31 mars s’organise autour du mouvement « Nuit debout ». Mouvement qui semble bien loin de s’arrêter, prenant chaque jour un peu plus d’ampleur, sortant de la simple occupation militante, dépassant les clivages. La Loi Travail serait ainsi l’élan d’une mobilisation bien plus large qui s’inscrit dans l’élaboration de nouvelles perspectives de réflexions qui veulent requestionner les conséquences d’un capitalisme exacerbé et construire une action collective décentralisée.

Si « Nuit debout » tend à s’étendre dans d’autres villes comme Bruxelles, Liège,… ces initiatives  n’ont à présent pas encore trouvé leur élément fédérateur, comme la France avec sa Loi Travail. Peut-être que les plans du gouvernement sur les contrats zéro heure ou sur la réforme du travail pourraient-ils en être l’élément fédérateur en Belgique?

Fred Hérion / Pierre Vanneste / Alex GD / Laurence Grun / Krasnyi Collective