Bruxelles / 05-12-2020

Suite à l’appel par 6 militantes féministes françaises basées en Belgique, plus de 200 manifestant·es se sont réuni·es au rond-point Schuman contre la loi française de sécurité globale et les violences policières.

Appel :
Le mardi 24 novembre, la proposition de Loi de Sécurité Globale a été adoptée en procédure accélérée par l’Assemblée Nationale française. Celle-ci marque un pas de plus dans la dégradation de nos libertés fondamentales et l’instauration d’un Etat de surveillance massive par Emmanuel Macron et son gouvernement.
Les manifestations contre cette loi ont donné lieu à des violences policières inouïes, mettant au grand jour un phénomène systémique contre lequel se battent depuis de trop longues années, de nombreux.se.s activistes souvent racisé-es et venant des quartiers [a]dits “populaires”.
A l’heure où nos libertés sont restreintes au nom de la crise sanitaire,
A l’heure où l’attention politique européenne est focalisée sur la Hongrie et la Pologne,
Ce sont justement les citoyen.ne.s de ces deux pays qui peuvent en témoigner : l’État de droit n’est acquis nulle part, y compris en France. Il n’y a pas d’excuse valable pour museler le débat démocratique et gravement compromettre nos droits fondamentaux.
Avec cette loi, les droits à la vie privée, à manifester et à informer, ainsi que la liberté de la presse sont en danger.
Les luttes politiques et progressistes, qu’elles soient anti-racistes, féministes ou anti-capitalistes, appellent aujourd’hui les français.e.s de Belgique à y faire barrage.
Pourquoi devons-nous nous mobiliser ?
Parmi les dispositions les plus liberticides de cette loi, nous comptons :
L’article 21, qui permet l’utilisation publique des images des « caméras-piétons » portées par les forces de l’ordre,
L’article 22, qui étend le pouvoir des forces de l’ordre d’utiliser des drones à des fins de surveillance dans l’espace public,
L’article 24, qui pénalise la diffusion d’images permettant d’identifier des membres de forces de l’ordre lorsqu’ils/elles sont en opération.
L’article 25, qui autorise les membres des forces de l’ordre à porter leurs armes en dehors de leur service dans les établissements recevant du public, sans possibilité de s’y opposer.
Ces dispositions, proposées en plein reconfinement et utilisant comme excuse les attaques terroristes des dernières semaines, n’ont pas fait l’objet d’un débat démocratique approprié.
Elles sont le prémisse du projet de loi sur ledit « séparatisme », discuté en Conseil des ministres le 9 décembre prochain, et illustrent la volonté manifeste de la République En Marche/du gouvernement français de marcher sur les terres de l’extrême-droite, en s’attaquant frontalement aux musulman-es de notre pays.
Le racisme de notre appareil étatique n’a d’ailleurs cessé de s’illustrer ces dernières semaines. Il s’est illustré lorsque des policiers ont arrêté et terrifiés des enfants racisés en CM2 parce qu’ils les suspectaient d’apologie du terrorisme. Il s’est illustré lorsque des policiers ont violemment délogés des migrants sans-abris qui dormaient dans des tentes au coeur de Paris, montrant au grand jour la violence qui s’exerce à Calais depuis des années. Il s’est illustré lorsque Michel Zecler a été brutalement passé à tabac par une vingtaine de policiers, puis placé en garde à vue sans aucune raison valable.
En attendant, l’impunité règne. Les coupables de l’assassinat d’Adama Traoré le 19 juillet 2016 n’ont toujours été ni inquiétés, ni condamnés.
La restriction progressive de nos libertés et de nos droits va donc de pair avec un racisme d’Etat de plus en plus décomplexé. La fascisation de la France semble être en marche, et nous y assistons chaque jour depuis la Belgique, impuissant-es et terrifié-es.
Le gouvernement, en plus de nier l’existence même de violences policières, reste sourd aux appels du Défenseur des Droits, de l’ONU, du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne, ainsi qu’aux rassemblements du weekend dernier dans XXX villes de France.
Nous craignons que cette loi ait également des conséquences en Belgique, où les violences policières sont déjà très préoccupantes et où les législateurices ont parfois tendance à s’inspirer de leurs voisin-es français-es.
Que pouvons-nous faire ?
– Nous réunir ce samedi 5 décembre à 12h00 au rond-point Schuman à Bruxelles, au coeur de l’Europe afin de marquer notre opposition claire et massive
– Partager le mot sur les réseaux sociaux,
– Interpeller nos élu.e.s, alors que la proposition de loi sera débattue ces prochaines semaines au Sénat.

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Dominique Botte / Krasnyi Collective