Vottem / 13-10-2018 /

A l’appel conjoint de la Ligue des droits de l’Homme, de Médecins du Monde Belgique, du CIRÉ, du collectif CRER et du CRACPE des centaines de personnes se sont rassemblées autour du Centre fermé pour étrangers de Vottem pour rendre hommage à Gebre mariam, jeune Érythréen qui y a perdu la vie ce 9 octobre. Plusieurs dizaines de personnes y ont accroché des mains rouges ayant pour slogan « l’État a du sang sur les mains ».
Gebre Mariam avait obtenu l’asile en Bulgarie mais il y avait été victime de violences racistes; frappé à coups de hache il ne voulait absolument pas y retourner. Après une première tentative d’expulsion qu’il avait refusée la chambre du conseil lui avait remis une ordonnance de remise en liberté. Mais indique France Arets du CRACPE « l’office des étrangers a fait appel de cette ordonnance comme à chaque fois » et il restait en détention. Craignant une nouvelle tentative d’expulsion il a confié à un ami qu’il préférait se tuer plutôt que de retourner en Roumanie. On sait aujourd’hui que l’Office des Étrangers était parfaitement au courant de ces agressions racistes en Roumanie. « De toute évidence l’Office des Étrangers agit et décide aveuglément sans prendre en compte ni l’état physique ni l’état psychologique des personnes, ni les dangers auxquels elles seront confrontée en cas de retour dans un pays où leur sécurité ne sera pas assurée. » souligne une représentante de la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés.
Je rencontre également Chris qui vient de Flandre et dont l’ami originaire d’Inde est enfermé dans le centre.  Pour elle la manifestation d’aujourd’hui signifie pas de visite. Sa frustration est grande « Toutes les visites ont été annulées pour tout le monde ». Elle ajoute « ces manifestations ne servent pas, ça endort les consciences ». Elle ne souhaite pas témoigner à visage découvert et se cache le visage derrière la main qu’elle a quand même imprimée pour participer au rassemblement. Chris pense qu’il faut faire beaucoup plus que manifester car pour le moment rien ne change, le gouvernement persiste dans sa politique inhumaine, injuste et inefficace.

Après les prises de parole de différents organisateurs du rassemblement un cortège s’est dirigé vers les portes métallique du centre en faisant le plus de bruits possible pour être entendus des personnes détenues dans le centre. « No borders, no nations, stop deportation » criaient les uns; « Première, deuxième, troisième génération; nous sommes tous des enfants d’immigrés » scandaient les autres; tandis que les plus motivés frappaient et secouaient la porte du centre à grands coups de pieds et de mains.

Le sentiment général à l’issue de cette manifestation est que la résistance citoyenne doit continuer pour s’opposer à la politique migratoire actuelle du gouvernement.

Frédéric Hérion / Krasnyi Collective