Toulouse / 23-05-2019 /

Je suis enseignante dans le primaire, on (N.D.L.R plusieurs centaines de personnes) s’est rassemblé devant la préfecture pour deux raisons.

La première pour dénoncer les violences policières dont ont été victimes certain.e.s de nos collègues lors de la dernière manif il y a deux jours (mardi 21 mai). Certain.es ont été gazé.e.s et violenté.es. Deux collègues ont été interpellés.

La deuxième raison du rassemblement était de manifester contre la loi Blanquer contre laquelle on est opposé et pour laquelle on est en grève depuis plus de trois semaines.

A la suite de cette réunion devant la préfecture qui a duré à peu près dix minutes, le temps d’arriver et de déployer une banderole et chanter deux, trois chansons. Ils ont envoyé les forces de l’ordre qui ont mis des coups de matraque dans les mains des gens pour qu’ils lâchent la banderole et ils nous ont gazés. Tout le monde s’est dispersé et ils ont continué à envoyer des lacrymogènes, du coup, un certain nombre d’entre nous se sont protégés le visage contre les gaz.

C’est à ce moment-là qu’ils nous ont interpelés alors qu’on se dispersait. On a prétexté que je m’étais masqué le visage alors que ce n’était que pour me protéger, et pas pour ne pas être reconnaissable. A la suite de cela, l’interpellation a été un peu violente ; ils nous ont bousculés et mis des coups de matraque dans les jambes ; ils nous ont amené au commissariat pour nous signifier notre garde à vue de vingt-quatre heures avec pour chef d’inculpation « organisation d’une manifestation illicite » ; nous avons complétement démenti ça. On n’est pas dans ce contexte là, dans une participation certes mais ça ne relève pas du délit. Au bout de trois heures ils ont certainement eu un appel de leur hiérarchie demandant de lever toute les gardes à vue. Finalement ils n’avaient rien : nous sommes sortis à cinq heure et demi, les collègues sont venus nombreux et nombreuses pour nous soutenir et je pense que ça a aidé pour notre libération. Personnellement, ca renforce ma colère. On essaie de nous museler, ce qu’on a voulu nous prendre en premier c’est la banderole « l’école tombe par terre, c’est la faute à Blanquer ». C’est notre moyen d’expression qui est mis à mal depuis un petit moment et on en a la preuve. C’est surtout cette répression à laquelle on a eu droit alors qu’il n’y a eu aucune provocation ni insulte. Vraisemblablement, ceux et celles qui ont été interpellés (dont je fais partie), vont porter cette affaire en justice et dénoncer cette violence policière. C’est une arrestation arbitraire.

Mise à jour 24-05-2019

En assemblée générale, les profs ont reconduit la grève jusqu’au 28 mai.

 

Ben Art’Core / Krasnyi Collective