Le capital tue la santé, combattons l’austérité !

Bruxelles / 27-11-2020

Ce vendredi matin, à quelques heures d’un nouveau comité de concertation, le mouvement La santé en lutte a déployé une grande banderole sur le Palais de Justice de Bruxelles avec le message « Le capital tue la santé. Combattons l’austérité ».

Communiqué de presse : 

Ce matin, La santé en lutte a déployé une banderole sur le palais de justice de Bruxelles où il était inscrit « Le capital tue la santé, combattons l’austérité ! ». Cette action avait pour objectif de dénoncer l’austérité appliquée à la Santé, l’insuffisance des mesures d’aide au secteur et la gestion calamiteuse de la pandémie.

Nos dirigeants ont eu 7 mois pour faire mieux que la première vague, le résultat ? La gestion de la crise, vague après vague, est catastrophique. L’OMS prescrit pourtant depuis mars un cadre clair pour endiguer l’épidémie : tester, isoler et identifier les contacts. A contrario, le gouvernement préfère culpabiliser honteusement la population, tolère les contaminations en entreprises pour ne pas entraver leur activité et réouvre les écoles sans moyens et sans mesures sanitaires adéquates. De plus, le dépistage est loin d’être massif, rappelons l’aberration de l’absence de tests pour les personnes asymptomatiques lors des dernières semaines. Et pour finir, l’isolement des contaminé·es est tout relatif quand on impose, par exemple, au personnel de la santé de travailler positif au Covid-19. C’est cette gestion qui nous a menée aujourd’hui à un deuxième confinement et à une surcharge des hôpitaux.

La santé en lutte dénonce la responsabilité des dirigeants politiques dans cette crise sanitaire. Il est, en effet, trop facile de se cacher derrière la culpabilisation des comportements individuels. Le gouvernement est responsable des choix fait en faveur de l’activité économique du grand patronat et au détriment de la santé de la population (et de l’économie locale). Celui-ci doit répondre de ses choix guidés par la logique libérale.
Cette logique, nous, personnel de la santé, la connaissons bien. C’est, en effet, depuis des années que nous la côtoyons dans le secteur : marchandisation du soins, manque d’effectifs, sous-financement et précarisation des salaires. Le résultat est que quotidiennement nous devons nous battre pour compenser les décisions gouvernementales et les manques de budget. Aujourd’hui, pour faire face à la situation critique de pandémie nous n’avons que des réponses médiocres et court-termistes : primes, délégation des soins, appels aux bénévoles, prêt aux hôpitaux, etc.

Pourtant, les difficultés dans le secteur ne sont pas nouvelles : la pénurie de soignant·es, par exemple, est le résultat d’années de mépris et de déconsidération dont la majorité des partis au pouvoir actuellement sont les responsables. Nos collègues ont fuit la profession, dégouté·es par des conditions de travail nocives. Il n’y a donc pas de pénurie mais une hémorragie ! Au lieu d’assumer les erreurs et de changer de politique pour attirer de nouveaux les soignant·es vers le secteur à travers de l’engagement, l’amélioration des conditions de travail et une revalorisation salariale, celui-ci continue les attaques et cherche à déréguler le métier d’infirmièr·e ! Répondre à la crise avec la délégation des soins et décider sciemment de ne pas engager, c’est faire l’aveu du maintien de la politique mortifère de l’austérité. En effet, la réalité sur le terrain est que cette politique nous pousse quotidiennement à mettre en danger nos patients et a littéralement compter les morts.

Aujourd’hui face à la pression du secteur, des miettes nous sont octroyées sous forme de prime pour soutenir notre bonne volonté et nous encourager dans nos efforts et notre sacrifice quotidien. Alors que nous nous tuons, parfois littéralement, à la tâche, le gouvernement nous remercie avec ce qui équivaut à un bon d’achat pour les fêtes. Nous demandons bien plus que cela ! C’est un refinancement structurel, de l’engagement, des augmentations salariales et un arrêt de la marchandisation du secteur dont nous avons besoin ! Dont toute la population a besoin ! La santé est un droit fondamental et un bien commun !

Face au constat très insatisfaisant d’un Etat qui persiste dans sa dynamique, qui préfère économiser sur nos vies plutôt que de répondre à nos revendications, nous appelons l’ensemble des travailleuses et travailleurs du secteur à utiliser la nouvelle prime octroyée pour organiser des actions et faire grève partout où il est nécessaire ! 

Nous appelons également toutes les personnes qui veulent défendre un système de santé de qualité et accessible à toutes et tous à nous rejoindre au  rassemblement le 11 décembre devant les lieux de pouvoir, rue de la Loi. Rendez-vous à 17h au métro Arts-Loi. Pandémie ou pas, nous ne pouvons nous faire marcher dessus à longueur d’année !

Karim Brikci-Nigassa / Jérôme Peraya / Krasnyi Collective

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