Abolish frontex

Bruxelles|09-06-21

Une vingtaine d’activistes ont ensanglanté les bâtiments bruxellois de l’agence Frontex (Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes). Cette action participe au lancement d’une campagne européenne pour la fin de l’agence et son monde.

 

Communiqué de presse :

Un nouveau mouvement international se lève pour Abolir Frontex (« Abolish Frontex »)

Le 9 juin 2021, des actions dans plusieurs villes – dont Bruxelles – viseront l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex. Ces actions marquent le lancement de la campagne internationale « Abolish Frontex », qui appelle au définancement et au démantèlement du régime frontalier meurtrier de l’Europe et avec lui, à la fin de la militarisation des frontières européennes.

A Bruxelles, berceau des institutions européennes, une action d’affichage a eu lieu dans les rues cette nuit. Et, ce matin, ce sont les bureaux de Frontex situés au 18, Avenue d’Auderghem ainsi que le bureau de la Direction générale Migration et affaires intérieures (HOME office) qui ont été maculés de rouge et d’affiches pointant ainsi du doigt leur responsabilité politique et exécutive majeure dans la politique migratoire européenne si meurtrière.
Les noms des rues où se situent ces bureaux ont également été rebaptisés en « Avenue meurtrière » et « Rue de la honte ».

Dans une lettre ouverte adressée à la Commission européenne, au Conseil, au Parlement et à la direction de Frontex, la coalition de la campagne a souligné les pratiques illégales et inhumaines de la « Forteresse Europe », citant 40.555 décès liés au passage des frontières de l’Europe depuis 1993 seulement. « Laissés à l’abandon dans la Méditerranée, l’Atlantique et le désert, abattus aux frontières, morts par suicide dans les centres de détention, torturés et tués après avoir été expulsés – l’UE a du sang sur les mains », peut-on lire dans la lettre.

Le lancement de la campagne pour l’abolition de Frontex coïncide avec une expansion massive de l’agence. Frontex dispose désormais d’un budget de 5,6 milliards d’euros jusqu’en 2027, et prévoit d’engager 10.000 gardes-frontières armés d’ici la fin de la période. Son budget a augmenté de plus de 7560% depuis 2005, utilisant ses nouvelles ressources pour acheter ses équipements tels que des navires, des hélicoptères et des drones. Pendant ce temps, l’Europe a construit plus de 1.000 kilomètres de murs et de clôtures aux frontières.

La coalition de la campagne – qui comprend des groupes comme Agir pour la Paix, Vredesactie et Getting the Voice out pour la Belgique mais aussi Watch the Med Alarm Phone, Sea-Watch ou le Transnational Institute- a publié une liste de demandes pour accompagner leurs actions. Celles-ci comprennent l’abolition pure et simple de l’agence Frontex, la fin de la détention des migrants par les forces de l’U.E., la fin de la militarisation des frontières et la liberté de circulation.

Une des activistes engagées dans la campagne : »Si nous croyons vraiment que tous les humains sont égaux, nous devons démanteler les systèmes qui maintiennent l’inégalité en place. Frontex, en tant que partie du complexe industriel frontalier, n’a pas sa place dans notre vision d’une société européenne luttant pour la justice et engagée à réparer les dommages infligés au sud du monde dans un état d’esprit de suprématie blanche. »

Après le lancement le 9 juin, la campagne prévoit d’organiser une série d’actions dans des villes de toute l’Europe, afin de faire avancer ses principales revendications à Bruxelles, dans tous les États membres de l’UE et dans toutes les juridictions qui sont complices de la forteresse Europe.

« Nous ne demandons pas une meilleure politique migratoire européenne : nous exigeons l’abolition de Frontex et la fin de la militarisation des frontières. Et nous agissons pour y parvenir. » dit Stephanie d’Agir pour la Paix.

 

Jérôme Peraya|Krasnyi Collective

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