Des ouvriers debouts !

Cette story revient sur l’histoire de 14 ouvriers qui nettoient les trains, non loin de la gare de Schaerbeek, à Bruxelles.

Ces 14 ouvriers travaillent pour une boite sous-traitante qui change tous les 4 ans. Depuis le mois d’avril 2014, il s’agit de BM&S, une nouvelle boite sur le marché qui défie toute concurrence, avec des tarifs 20% inférieurs à ceux de boites compétitrices.

Les conditions de travail qu’elle impose à ses salariés défient, elles aussi, la compétition. La nouvelle direction voit d’ailleurs d’un mauvais œil la bonne entente et la solidarité entre les ouvriers, surtout dans la petite équipe du site de Schaerbeek.

 

Durant l’été, alors qu’une partie de l’équipe est en vacances, elle décide de licencier les trois intérimaires qui sont présents sur le site depuis plus d’un an et demi, et à qui on a promis un contrat. Elle en profite pour licencier également les deux délégués syndicaux du site. Histoire de s’assurer que la « paix sociale » qu’elle a rompue soit néanmoins maintenue.

Justifier ces licenciements demande d’aller chercher loin, très loin. Pour essayer de faire avaler la pilule, il faut qu’elle invente un gros mensonge. Sans base réelle aucune, elle accuse les délégués de recevoir une enveloppe d’argent de la boite intérim. Ce mensonge ne subsiste pas très longtemps, et l’enquête déclenchée suite à ces accusations prouve rapidement qu’elles ne sont pas fondées.

Mais il est une chose à laquelle la direction ne s’attend pas : l’expression solidaire des collègues du site de Schaerbeek. En effet, lorsque la direction communique sur le licenciement des cinq collègues, tous les autres se mettent spontanément en grève. Le 21 août 2014, les 14 ouvriers de l’atelier de Schaerbeek montent leur piquet. Pour la plupart, il s’agit de la première grève de leur vie. Ainsi nait une grève de solidarité qui durera quatre mois, soit 124 jours.

Rapidement, de nombreux travailleurs et travailleuses, syndicalistes et jeunes, viennent de partout pour les soutenir. Ce petit noyau d’ouvriers solidaires interpelle et suscite l’admiration parmi la population. Durant les trois premières semaines, la direction tente par tous les moyens et à de nombreuses reprises, de casser le piquet. Pour ce faire, elle use sans complexe d’atteintes au droit de grève, d’intimidations, de menaces physiques, etc.

Mais la grève se poursuit pendant quatre mois, à travers trois saisons. Dans un premier temps, l’issue est vécue comme victorieuse puisqu’un accord est obtenu. Celui-ci implique la réintégration des cinq travailleurs, dont les deux délégués, sur d’autres sites SNCB. Cependant, la direction, dont la malhonnêteté n’est plus à prouver, n’a pas respecté cet accord.

Mais ce combat n’aura pas été vain : les ouvriers ont démontré que la solidarité existe, que la lutte peut payer et que, ensemble, on peut tenir tête à des décisions que l’on estime intolérables.

Karim Brikci-Nigassa | Krasnyi Collective


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